Interplast-France Chirurgie sans frontières

Archives 2009

Mission de chirurgie générale au Nord Bénin en Février 2009 (Belotounga et Kofoïssa)

 

Clinique nomade de Belotounga sur le fleuve Niger

 

Cinquième mission de la clinique nomade à Belotounga

du 10 au 11 février 2009, au dispensaire de Belotounga prés de Karimama

le 12 février, à l'hopital de Malanville

 

 

Première mission de chirurgie générale à Kofoïssa près de Kandi

du 13 au 19 février, au dispensaire Régina Pacis.

Equipe :

Dr Jean CAUSSIN, chirurgien à la clinique Pasteur de Royan

Dr Patrick ANTOINE, médecin-anesthésiste à la clinique Pasteur de Royan

Me Christèle GABORIAUD, infirmière à la clinique Pasteur de Royan

 

Equipe d'Interplast-France

de gauche à droite : Patrick Antoine Christèle Gaboriaud et Jean Caussin

 

Dimanche 8 février 2009 :

Vol Air France Bordeaux-Paris CdG-Niamey.

A l'aéroport de Niamey, Jean Caussin passe la douane nigérienne sans encombre. Christèle et moi-même sommes arrêtés par une douanière intriguée par nos malles. N'ayant pas d'ordre de mission à lui présenter, elle nous fait quelques difficultés et menace de saisir nos 150kg de bagages. Après moult palabres et médiation diplomatique et féminine de Christèle durant prés d'une heure, elle nous laisse enfin passer après avoir eu l'assurance de recevoir par fax un ordre de mission émanant d'Interplast-France.

Sur le parking de l'aéroport, nous retrouvons Jean et Yaya, notre sympathique chauffeur béninois, qui nous attends depuis la veille à Niamey, pour nous conduire avec son taxi peugeot "On te connait" jusqu'au Bénin.

Tous les hôtels de Niamey ayant été réquisitionnés par le gouvernement nigérien, nous prenons directement la route jusqu'à Dosso, à 125km au sud-est de Niamey, où nous passons notre première nuit dans un petit hôtel tout à fait convenable.

 

Lundi 9 février 2009 :

Nous quittons Dosso vers 8h00 et effectuons le trajet Dosso Gaya sur une route de plus en plus défoncée au cours des années.

 

Yaya, au volant de son taxi "On te connait"

A Gaya, juste avant la frontière, sur la route longeant le fleuve Niger, nous traversons en roulant au pas une manifestation hostile d'élèves, en grève aprés une bavure policière la semaine précédente ayant fait, parait-il, un mort parmi les enfants. Jets de pierre et coups de bâton contre notre taxi. Nous ne nous attardons pas.

Passage de la frontière au poste de Gaya et traversée du Niger au pont de Malanville. Arrivée au Bénin. A nouveau en pays ami, notre chauffeur respire.

Nous profitons de notre passage à Malanville pour nous présenter au directeur de l'hôpital de Malanville. Nous lui demandons s'il est possible d'opérer les malades de Belotounga que nous ne pourrions opérer au village, compte tenu de la précarité des installations du dispensaire. Le directeur ravi accepte sans réticences et nous ouvre en grand les portes de son hôpital.

Nous quittons alors Malanville puis nous nous rendons à Bellotounga par la piste, situé 70km plus en amont sur le fleuve Niger. Nous y arrivons en fin d'après-midi, juste avant la tombée de la nuit.

Nous nous installons dans le petit motel de Belotounga, construit le long de la piste qui mène à Karimama. Nous le retrouvons, tel que nous l'avons laissé au mois de novembre. Moins de 6 voyageurs s'y sont arrétés depuis notre dernier séjour. Avant qu'il ne fasse complètement nuit, nous faisons une petite visite de courtoisie au village et au dispensaire situé à un kilomètre en bordure du fleuve.

 

Mardi 10 février 2009 :

Le matin, Christèle et moi installons le bloc opératoire en plein air pendant que Jean effectue les premières consultations.

Nous disposons sur place d'un bistouri électrique en bon état de fonctionnement ainsi que d'un obus d'oxygène. Une partie du matériel avait été laissé sur place en novembre dernier en prévision de cette mission (électro-cardioscope, aspirateur manuel et consommables divers d'anesthésie et de chirurgie). Le reste du matériel nécessaire (instruments de chirurgie et autres consommables) a été apporté par nos soins. Nous ne disposons pas de respirateur d'anesthésie mais celui ci ne s'avère pas indispensable car il est toujours possible de ventiler manuellement.

 

Le bloc opératoire du dispensaire de Belotounga

 

 

L'aspirateur chirurgical manuel

 

Moniteur de surveillance

 

 

L'électricité est fournie par un petit groupe électrogène. L'eau non stérile est puisée directement dans le puits du village.

Nous sélectionnons les patients qui seront opérés à Malanville : un énorme goitre chez une jeune femme, une hernie nécessitant la pose d'un plug dans des conditions d'aseptie rigoureuse ainsi que deux enfants présentant une ostéomyélite car nous ne possédons pas de curettes pour effectuer un curetage osseux.

L'aprés-midi nous opérons jusqu'à la nuit 4 patients (hernies et hydrocèle) sous rachianesthésie et un patient (lipome) sous anesthésie locale.

 

intervention chirurgicale en plein air à Belotounga

 

Mercredi 11 février 2009 :

Nous opérons dès 8h00, trois patients sous rachianesthésie (deux volumineuses hernies inguino-scrotales et une hydrocèle) et deux patients sous anesthésie générale (une éventration ombilicale et une hydrocèle communiquante chez un enfant de 10 ans)

Moussa Belo Maman, le nouveau maire de Karimama vient nous rendre visite pour nous encourager. Nous lui faisons part de notre intention d'opérer quelques uns des patients à Malanville, du fait de la précarité des conditions opératoires locales. Il nous confirme alors la poursuite du projet de construction d'un dispensaire équipé d'un bloc opératoire à Belotounga.

 

Jeudi 12 février 2009 :

Comme convenu, Yaya notre chauffeur nous retrouve au motel à 7h00. Nous récupérons nos boîtes d'instruments, stérilisées la veille à Karimama puis nous partons pour l'hôpital de Malanville où nous attendent nos patients.

Vue aérienne de Malanville sur le fleuve Niger

 

 

Hôpital de Malanville

 

 

 

Bloc opératoire de l'hôpital de Malanville

 

Nous opérons le goître dans des conditions techniques et opératoires difficiles. Hémostase difficile et délicate. Epreuve du feu pour Jean et Christèle. Je ne suis pas tranquille. Finalement, après plus de quatre heures, l'intervention se termine enfin. Réveil et extubation de la patiente sans problème. Nous annulons l'intervention du patient présentant une hernie nécessitant un plug car nous devons opérer en urgence une petite enfant de 22 mois qui présente une hernie ombilicale étranglée depuis 24 heures. Intervention sous anesthésie générale avec intubation. Par chance, l'intestin n'a pas trop souffert et peut être réintégré dans l'abdomen sans résection intestinale. Nous terminons cette journée opératoire par le curetage osseux des deux enfants de 4 et 14 ans atteints d'une ostéomyélite l'un du fémur, l'autre du tibia.

Nous quittons l'hôpital de Malanville à la nuit et Yaya nous conduit directement à Kofoïssa, situé à environ 100km plus au sud sur la route principale menant à Cotonou.

Nous arrivons vers 22h au dispensaire de Kofoïssa où nous sommes acceullis chaleureusement par Zachari le directeur-adjoint du dispensaire et par l'équipe permanente des trois volontaires hispaniques, Pilar, Cécilia et Alejandro. Ils nous attendaient ainsi qu'une centaine de patients impatiemment depuis le matin. Nous devions en principe arriver le matin mais le détour par l'hôpital de Malanville nous a retardé.

Nous faisons connaissance, dinons rapidement puis allons nous reposer pour être parfaitement opérationnels dès le lendemain matin.

 

 

Vue aérienne du village de Kofoïssa avec le dispensaire en bas à gauche

 

Dispensaire Régina Pacis à Kofoïssa

 

 

Dispensaire de Kofoïssa : à gauche le bloc opératoire, à droite la consultation

 

 

Alejandro, Cécilia, Patrick

Jean, Pilar et Christèle

 

Vendredi 13 février 2009 :

Le matin, consultation conjointe chirurgicale et anesthésique. Plus de 75 patients ont été enregistrés par Zachari depuis 2 mois. Nous établissons ensemble le programme opératoire des jours à venir. Parmi ces soixante-quinze patients, seuls quarante seront finalement opérés au cours de la mission. Parmi les patients non opérés, on compte des patients relevant de pathologies non chirurgicales, des patients relevant de la chirurgie plastique qui seront opérés en novembre 2009 lors de la prochaine mission d'Interplast, des patients inopérables compte tenu de l'importance et de l'évolutivité de leurs lésions et d'enfants trop jeunes pour être opérés dans de bonnes conditions de sécurité. Quelques patients, après avoir consulté leur proches ont refusé l'intervention proposée : mastectomie totale pour un énorme cancer du sein, hysterectomie totale.

Consultation commune chirurgicale et anesthésique au dispensaire de Kofoïssa

 

 

les patients et leur famille attendant leur tour à la consultation

 

 

 

L'aprés-midi nous programmons les trois premiers patients qui inaugureront le premier bloc opératoire de Kofoïssa. Il s'agit de trois patients présentant une hernie opérés sous rachianesthésie. Ces premières interventions nous permettent de tester les installations : bistouri électrique, scialitique, table d'anesthésie, climatisation, stérilisation, salle de réveil etc... Nous sommes trés favorablement impréssionnés par tout le travail qui a été effectué depuis notre première visite en novembre 2008.

Bloc opératoire flambant neuf du dispensaire de Kofoïssa

Rachianesthésie

 

La salle de réveil du dispensaire de Kofoïssa

du samedi 14 février au jeudi 19 février 2009 :

Nous opérons sans interruption tous les jours, y compris le dimanche, de 8h30 à 20h00, de 6 à 7 patients par jour. Au total, à Kofoïssa, nous avons opéré 40 patients dont la plupart souffraient d'énormes hernies inguino-scrotales, mais également des hydrocèles, une éventration, une gynécomastie, une ectopie testiculaire bilatérale chez un petit garçon de 3 ans ainsi qu'une énorme tumeur lymphoïde du pied chez une jeune femme de 25 ans.

La plupart des interventions ont été réalisées sous rachianesthésie mais quelques cas ont nécéssité une anesthésie générale avec intubation et ventilation manuelle du fait du non fonctionnement du respirateur. Ce dernier n'était pas opérationnel car il nécessite pour fonctionner une pression de gaz dont on ne disposait pas. Une modification simple du respirateur pourrait remédier facilement au problème mais la consommation de gaz serait telle que l'obus d'oxygène serait rapidement vidé aprés à peine deux heures d'utilisation. Compte tenu de la difficulté d'approvisionnement en oxygène (le plus point le plus proche est la ville de Gaya, au Niger), il est préférable de ventiler manuellement les patients.

Le dernier jour, aprés avoir rangé notre matériel, nous effectuons une visite générale des patients encore hospitalisés et Jean donne ses dernières consignes aux infirmiers béninois et à l'équipe hispanique.

 

Vendredi 20 février 2009

Dernier jour de mission.

Notre chauffeur Yaya vient nous chercher à 6h30 du matin pour nous conduire à Niamey où nous devons prendre l'avion pour Paris.

En chemin nous nous arrêtons à l'hôpital de Mallanville pour prendre des nouvelles de nos patients. Tous les patients vont bien. Aucun n'a présenté de complication. La patiente opérée du goitre était sortie la veille de notre passage.

Nous retraversons la frontière sans problème et notre voyage de retour jusqu'à Niamey s'effectue pratiquement sans problème? Nous atteignons Niamey en fin d'aprés midi où nous passons quelques heures de repos avant de prendre l'avion.

 

Samedi 21 février 2009 :

Nous arrivons à Bordeaux en fin de matinée.

 

Bilan :

nous avons opérés 55 patients pour un coût total inférieur à 5500 euros comprenant les billets d'avion, l'hébergement et la restauration, les transports sur place, l'achat des consommables, soit moins de 100 euros par patient.

 

Patrick Antoine

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